Génération X, Y, Z - La coopération a du bon

« Les jeunes ont de mauvaises manières. Ils se moquent de l’autorité et n’ont aucun respect pour leurs aînés » Marc Raynaud, consultant et fondateur de l’Observatoire du Management InterGénérationnel, cite Socrate, toujours actuel sur la vision qu’ont certains seniors de leurs jeunes collègues. Ces derniers se disent tout bas : « ce ne sont que des vieux chnoques qui ont fait leur temps… » Un cliché sur l’incapacité à communiquer entre générations pour mieux s’entendre ? Sans doute.

 

Un terrain explosif

 

Pour autant, selon la dernière étude de l’OMIG (1), 72 % des entreprises disent être confrontées à des conflits intergénérationnels. 45 % d’entre-elles jugent même qu’ils se développent. « La situation ne va pas forcément aller en s’arrangeant » prédit Marc Raynaud. « D’ici 2020, plus de 5 millions de seniors aujourd’hui en poste partiront en retraite et 6 millions de jeunes entreront dans la vie active. Il va falloir apprendre à coopérer pour limiter les tensions préjudiciables à la bonne marche des entreprises. »

Pour « déminer ce terrain explosif », la première démarche consiste « à faire tomber les a priori en mettant toutes les frustrations sur la table. Il convient d’analyser les différences entre nous, de les reconnaître et de les combiner pour créer de la valeur ajoutée. »

 

La confiance et l’envie

 

Ainsi, les seniors doivent considérer d’emblée que les jeunes n’ont pas le même rapport à la hiérarchie que leurs aînés : « mon chef n’est pas mon prof ni mon père ! » Ils n’ont pas le même rapport au temps, aspirent à avoir de l’autonomie et à prendre des responsabilités. Ils souhaitent être associés à des projets. « Rien ne sert de les gaver de connaissances. Les jeunes ont d’abord besoin qu’on s’intéresse à ce qu’ils ont envie de faire. Les encadrants et les managers doivent donc passer d’un référentiel de compétence à un référentiel d’appétence. »

Faire confiance, donner l’envie, savoir s’adapter aux attentes très différenciées des membres de son équipe : voilà les maîtres mots du management d’aujourd’hui. Et pourquoi pas, accepter de faire « coacher » les anciens par des jeunes, dans une démarche de Mentoring inversé, ou en créant des groupes pluri-générationnels sur le thèmes des technologies digitales ou de l’innovation.

Marc Raynaud plaide pour un dialogue constructif entre générations, en recourant notamment au tutorat pour la transmission des savoirs et l’enrichissement mutuel.

« N’oubliez pas qu’au final, nous avons beaucoup en commun. Chaque génération recherche la reconnaissance et l’épanouissement dans la vie. » Une aspiration légitime qui n’a pas d’âge !

 

Marc Raynaud : « recrutez des jeunes qui savent faire ce que l’entreprise ne sait pas faire. C’est dans l’interaction entre deux générations que se crée la valeur.»

 

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